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Verdun, aux portes de l’enfer, diffusion du mardi 30 octobre 2018 à 20h50

Le 21 février 1916, l'armée allemande lançait sur Verdun une gigantesque offensive qui allait durer toute l'année et coûter la vie à des milliers d'hommes, français comme allemands. Lettres, carnets et journaux intimes servent de trame à une reconstitution de cette «grande boucherie». Les réalisateurs, qui ont consulté de nombreux fonds d'archives publics et privés, en France et en Allemagne, restituent les itinéraires individuels de quelques soldats. Séquences filmées sur le terrain par les premiers reporters de guerre et documents photographiques inédits se mêlent aux images 3D et aux commémorations historiques pour offrir une vue d'ensemble de cette bataille. Critique : Documentaire d'Olivier Halmburger et Stefan Brauburger (Allemagne, 2006). 90 mn. Inédit. C'est LA bataille emblématique de la Première Guerre mondiale : elle résume à elle seule toute l'absurdité de cet invraisemblable carnage qui fit des millions de morts dans toute l'Europe et, surtout, traîna ses fantômes jusqu'à la guerre suivante. La bataille de Verdun dura trois cents jours, de février à décembre 1916, et se solda par quelque 700 000 morts, blessés ou disparus et 130 000 prisonniers allemands et français. Pour tenter de cerner ces chiffres tellement élevés qu'ils en deviennent abstraits, les réalisateurs de ce film, qui conjugue images d'archives et reconstitutions efficaces, ont pris le parti de suivre quelques soldats, auteurs de journaux intimes ou de correspondances. Un jeune juriste munichois, un capitaine professeur d'histoire, un officier gascon, un médecin juif allemand et un officier qui défendit le fort de Vaux. Tous, à part un baron prussien qui ne rêve que de médaille, comprennent, avant même d'y aller, que Verdun est un enfer : ils voient les blessés affluer et les compagnies décimées. En parlant de ses camarades tués, le jeune juriste écrit à sa mère : « Ils ne savent même pas pourquoi ils sont morts. Ni pour qui. » Les stratèges allemands voulaient concentrer leur effort sur Verdun pour gagner Paris rapidement. A peine le fort de Vaux conquis, ils reportèrent leurs troupes vers la Somme où la bataille commença dès juillet. Une victoire française ? La question ne se pose même pas tant l'horreur marqua à jamais les corps et les esprits.