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La maison France 5 : rendez-vous à la capitale !

Une femme de ménage, diffusion du dimanche 10 décembre 2017 à 09h35

Jacques, ingénieur du son quinquagénaire, vient d'être quitté par sa femme. C'est lui qui a gardé l'appartement du VIe arrondissement de Paris où ils ont vécu pendant des années, mais depuis qu'il n'y a plus de femme à la maison, le désordre et la saleté se sont approprié les lieux. Tout bougonnant, Jacques ne s'en préoccupe pas particulièrement, jusqu'au jour où il tombe sur une petite annonce chez le boulanger. Il engage donc une femme de ménage, Laura, qui s'avère être une jeune fille de banlieue sexy, fraîche et un peu envahissante. Assez rapidement, Jacques trouve la jeune femme agaçante : elle écoute trop fort une musique qui ne lui plaît pas, passe le balai sur les tapis et lui demande asile lorsqu'elle rompt avec son petit ami... Critique : Quatre heures de ménage par semaine. Mais c'est tellement sale chez Jacques, ingénieur du son prostré depuis le départ de sa femme, que Laura en a besoin de sept. Rien que pour balayer la poussière. Balayer, oui, car l'aspirateur, elle n'aime pas trop ça. Jacques est d'accord. Pour le balai. Pour les heures supplémentaires. D'accord, aussi, même s'il grince un peu des dents, lorsque Laura s'installe chez lui quelques jours, après avoir rompu avec son petit ami. Le type de relation qu'ils ont, alors, se résume à des conversations, type « Elle était bonne, ma purée ? ­ Oui, j'ai tout fini. ­ Oh, mais vous m'avez acheté de l'Ajax. Merci... ». Et puis, Laura, qui a pris possession peu à peu de l'appartement de Jacques, conquiert aussi son lit. Elle l'aime. Lui désire quelqu'un à nouveau. Il l'emmène en Bretagne chez un copain, un artiste qui ne peint que des poules... Berri s'est cru, un moment, ou a fait semblant de se croire, fait pour la fresque littéraire (Germinal) ou la reconstitution historique (Lucie Aubrac). Pas évident. Il est, en revanche, le cinéaste du souvenir, de l'autobiographie (du Vieil Homme et l'Enfant à La Débandade). Le roman de Christian Oster lui donne l'occasion de renouer avec ce qui lui réussit si bien : un cinéma non pas mineur, mais en mineur. Dans le cas présent, une rencontre si improbable qu'elle en devient touchante entre un quinquagénaire bougon (Jean-Pierre Bacri, égal à lui-même, encore qu'il esquisse, ici, deux sourires très inhabituels) et une jeune femme (Emilie Dequenne, ex-Rosetta, superbe de vie, de chair et de tendresse). Face à elle, bien sûr, chacun crève de solitude. Le héros mais aussi tout son entourage. Le copain amateur de poules. Claire, l'amie de toujours (Brigitte Catillon, toujours formidable). Et son ex-femme (Catherine Breillat, qui, en une scène, réussit à être émouvante et vaguement enquiquinante). Mais tous ces êtres paumés ont l'élégance de suggérer leur mal de vivre, plutôt que de nous l'asséner. Et cela donne ce film mélancolique où chacun va de bouée en bouée, en se maudissant d'avoir lâché l'une pour l'autre. Berri filme une plage, presque blanche de lumière, comme un lieu bizarre avec de petits groupes bien séparés les uns des autres. Une suite de clans repliés sur eux-mêmes, par peur de briser leur équilibre fragile. Ce pourrait être déprimant. Le film reste constamment léger dans sa mélancolie résignée. Qu'importe si, insensiblement, Jacques se met à aimer Laura beaucoup plus et elle, un rien moins. Comme l'écrivait Gainsbourg, « le passé est dérisoire, tourne-lui le dos. Le futur est illusoire, n'y compte pas trop ». Exactement comme elle a épousseté ses meubles, Laura a dépoussiéré l'existence de ce misanthrope et lui a fait redécouvrir une vie oubliée, refusée. C'est ce que nous dit cette jolie fable : seul le présent compte. L'instant, puisque rien ne dure - Pierre Murat

La maison France 5 : rendez-vous à la capitale !

Une femme de ménage, diffusion du jeudi 07 décembre 2017 à 13h35

La maison France 5 : rendez-vous à la capitale !

Une femme de ménage, diffusion du mercredi 06 décembre 2017 à 20h55