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Mission : Impossible, Rogue Nation, diffusion du dimanche 18 mars 2018 à 20h55

Revoilà Tom Cruise et son groupe d'agents secrets, traqués à la fois par la CIA et des terroristes. Bien mené, le film combine efficacité, style et humour. Critique : Il y a bientôt vingt ans que le cinéma s'est emparé de cette série télé (joyau des années 1960-1970) et, miracle !, chaque nouveau film Mission : Impossible semble plus excitant que le précédent. Ce cocktail d'action et de manipulations inspirées par la prestidigitation est devenu un classique du grand écran. Un divertissement qui finit même par avoir de la noblesse, à l'heure où le cinéma hollywoodien se laisse envahir par la fantaisie simplette des superhéros. Résister aux modes et garder un sens du spectacle authentique pourrait être la devise du réalisateur de ce cinquième Mission : Impossible. Christopher McQuarrie a d'ailleurs lui-même écrit le scénario du film, responsabilité que n'avaient pas assumée les cinéastes qui l'ont précédé. Revoici donc Ethan Hunt-Tom Cruise, plus meneur et battant que jamais, plus malmené et brutalisé, aussi. La CIA a décrété la fin du MIF (Mission Impossible Force), accusant ce groupe d'agents secrets d'avoir des méthodes de filou. Sa tête mise à prix, Hunt devient un hors-la-loi pour affronter le Syndicat, une organisation terroriste composée, justement, d'ex-agents secrets dévoyés. En somme, les escrocs sont partout (la « Rogue Nation » du titre) et tout le monde joue un double jeu. Y compris, derrière la caméra, Christopher McQuarrie. Confirmant les influences hitchcockiennes de son précédent film, Jack Reacher (2012), il orchestre une séquence magistrale où Ethan Hunt doit empêcher un meurtre en pleine représentation de Turandot, à l'Opéra de Vienne : on se croirait dans L'Homme qui en savait trop (1956). Mais quand, plus simplement, Ethan Hunt enfourche une moto, la poursuite a un tel punch qu'on applaudit aussi. Entre ambition artistique et efficacité commerciale, entre atmosphère sombre de polar et humour savamment dosé, le film trouve son équilibre. Du côté des personnages, un bel effet de balancier s'établit également : face à Tom Cruise en pur action man, la Suédoise Rebecca Ferguson apporte le mystère et l'ambiguïté d'une espionne solitaire, sans pitié et pourtant mélancolique. Ce goût des mélanges, cette manière de concocter un spectacle solide et léger, c'est vraiment l'esprit de Mission : Impossible. En menant avec nervosité cette énorme production, en lui donnant aussi du style, Christopher McQuarrie réussit à être celui qui aura été le plus fidèle à la série, tout en lui apportant, mieux que jamais, une mise en scène cinématographique. Un blockbuster taillé pour l'été et qui brillera bien au-delà. — Frédéric Strauss Sortie le 12 août.