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Le rôle de la moto au cinéma

Mirage de la vie, diffusion du jeudi 08 mars 2018 à 13h35

Mélo absolu et inégalable de Douglas Sirk. La vie de Lora, actrice célèbre, et d'Annie, sa gouvernante noire. Le final est bouleversant, impossible de retenir une larme. Critique : | Genre : les couleurs de la tragédie. C'est avec ce remake d'Images de la vie (1934), de John Stahl, que Douglas Sirk fit ses adieux à Hollywood. Des adieux bouleversants à travers quatre figures féminines : Lora, qui rêve d'être actrice ; Annie, sa servante noire si dévouée ; leurs deux filles, Susie et Sarah Jane, cette dernière si blanche de peau qu'elle renie ses origines. Les hommes ? Ils comptent si peu... Encore plus que d'habitude chez Sirk, les femmes du Mirage de la vie sont des personnages bigger than life, excessives dans leurs joies, leurs peines, jusqu'à mourir de chagrin, comme Annie, dont la séquence de l'enterrement au son d'un gospel chanté par Mahalia Jackson est un monument de l'histoire du mélo. Des excès que Sirk traduit par une mise en scène volontiers théâtrale, dans des décors aux couleurs trop vives qui font du bonheur un artifice. Le contraste frappant entre la blondeur platine de Lora (Lana Turner, tellement actrice) et le noir très noir d'Annie, son amie qui restera sa bonniche, est un message clairement ironique sur la question raciale dans l'Amérique des années 1950. Avant que Sirk ose une séquence d'une violence rare pour l'époque où un petit salaud raciste bat Sarah Jane, dont la blancheur de peau n'est qu'un mirage. « Sans amour, tu vis seulement une imitation de la vie », dit la chanson du générique. Le fond du film ne cesse de condamner cette imitation et sa forme, de la célébrer. Paradoxe éblouissant... — Guillemette Odicino