Diffusions passées:

Le rôle de la moto au cinéma

Mickey One, diffusion du lundi 29 janvier 2018 à 00h25

Mickey, jeune animateur comique dans une boîte de nuit de Detroit, mène une vie heureuse et insouciante. Sa vie bascule dans la peur le jour où il devient l'objet de pressions de la part d'un gang de racketteurs. Pris dans leurs filets, il parvient à déjouer la surveillance des malfrats et s'échappe. Ayant perdu tous repères, déprimé, Mickey mène une vie de clochard. Il part à Chicago, décidé à refaire sa vie. Embauché dans un restaurant, il y rencontre Jenny, dont il s'éprend. Se sentant traqué en permanence, c'est l'amour qui lui donne le courage d'affronter et de vaincre sa peur... Critique : | Genre : faux polar. Histoire d'un homme miné par la peur. De son ancienne vie désinvolte et fêtarde à Detroit, de ses succès au cabaret, champagne, séduction et stand-up comedy, il ne reste que des ombres et des questions : pourquoi la pègre locale veut-elle sa peau ? A cause d'une dette de jeu ? D'une femme ? A Chicago, où il s'est réfugié et se fait désormais appeler Mickey One, cette terreur sans forme l'a suivi, lui interdisant tout accès durable à une nouvelle vie... Première collaboration entre Warren Beatty et Arthur Penn, deux ans avant le célébrissime Bonnie and Clyde, le film fut boudé par le public américain à sa sortie, avant de devenir peu à peu une de ces raretés cultes guettées par les cinéphiles. Construite comme un puzzle dont on n'obtiendra jamais toutes les pièces, cette traque est un faux polar, un film noir intérieur, entre lutte pour survivre et paranoïa. Baigné par le saxo de Stan Getz et le chatoiement d'un somptueux noir et blanc, Mickey One évoque toutes les peurs à travers son fébrile héros : celles de la société américaine d'alors, entre post-maccarthysme et menace atomique, celle de tout humain confronté à la certitude de sa propre disparition. Dès lors, l'intrigue criminelle importe peu, volontairement parcellaire, tracée en pointillé au gré d'une mise en scène élégante et fluide, peu à peu gagnée par une fascinante étrangeté. Au centre de ce labyrinthe d'images, Warren Beatty se cherche et se perd avec talent. — Cécile Mury