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Mères porteuses, la naissance par procuration, diffusion du lundi 26 novembre 2018 à 02h15

La plupart des pays d'Europe interdit la GPA, la gestation pour autrui, en tout cas en tant qu'activité rémunérée. Des milliers de couples traversent donc la planète pour faire porter leur bébé là où les mères de substitution sont autorisées à le faire. Les deux destinations les plus fréquentes sont les Etats-Unis et l'Inde. Dans une dizaine d'Etats américains, la GPA est tout à fait légale, parfois depuis des décennies. Ce documentaire suit deux couples et leurs mères porteuses. Qu'implique ce mode de procréation «par procuration» ? Quel lien se tisse entre celle qui porte et ceux qui élèveront l'enfant et quelles peuvent être les conséquences pour celui qui a grandi dans le ventre d'une autre ? Critique : Parce qu'ils ne parvenaient pas à avoir d'enfants, Simin et Michael ont eu recours à une mère porteuse aux Etats-Unis. Gary et Tracy, eux, ont opté pour l'Inde. Deux pays qui, contrairement à l'Europe, autorisent la gestation pour autrui (GPA). Deux parcours croisés pour aborder un sujet hautement polémique, au coeur d'un épineux débat éthique. Aux Etats-Unis, où la GPA est très organisée, le couple allemand a fait appel à une agence chargée de recruter celle qui porte leur bébé. Coût moyen de la démarche : 100 000 euros — dont 19 000 pour la mère porteuse. En Inde, les Britanniques Tracy et Gary ont déboursé quatre fois moins : ils se sont tournés vers une clinique qui emploie une quarantaine de femmes, recluses le temps de leur grossesse dans un dortoir au confort rudimentaire avec l'espoir de tirer de l'opération une somme qui les sortira temporairement de la pauvreté. Entre la quête désespérée de parentalité des uns, l'apparente banalisation de la situation par la mère porteuse américaine qui y voit « une forme de baby-sitting », et le « sacrifice » évoqué par la jeune Indienne, ce documentaire apporte un éclairage à hauteur d'hommes et de femmes sur cette nouvelle forme de procréation sans frontières et les questions complexes qu'elle soulève. Mais il élude le problème du droit à la filiation pour ces enfants nés ailleurs et autrement. — Virginie Félix
