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Le rôle de la moto au cinéma

L’Horloger de Saint-Paul, diffusion du lundi 17 septembre 2018 à 20h55

En cherchant à comprendre le geste criminel de son fils, un homme change de regard sur la société. Premier film, subtil et poignant, de Tavernier, d'après Simenon. Critique : | Genre : le temps qui change. Pour son premier long métrage, Bertrand Tavernier, fort de son bagage de cinéphile, adaptait à Lyon, sa ville natale, L'Horloger d'Everton, de Georges Simenon, qui, lui, se déroule aux Etats-Unis. Pour l'occasion, il sortait du placard les grands scénaristes Jean Aurenche et Pierre Bost, honnis par les cinéastes de la Nouvelle Vague. Un jour comme un autre, les flics débarquent chez Michel Descombes : son fils, Bernard, aurait as­sassiné un vigile, il est en fuite avec sa petite amie. Très vite, cela tourne à l'affaire politique... Le ronron droitiste du pompidolisme, le slogan « un bon flic est un flic mort » sur les murs, l'UDR, les syndicats prompts à la récupération : le film donne l'heure juste sur le climat politique tendu des années 1970. Et Michel Descombes dans tout ça ? Un homme tranquille à la John Ford, père ­célibataire un peu laxiste, vacciné contre la politique, vaguement anar, et qui va se réveiller. La culpabilité de son enfant, les motivations du crime, il s'en fout, l'horloger. Il veut juste que son fils le regarde à nouveau. Dans le rôle de ce héros « solidaire », Noiret est prodigieux. Autre personnage à part entière : Lyon, qui est à Tavernier ce que New York est à Scorsese... Comment combler le fossé des générations ? La réponse, lumineuse, apaisée, est au bout de ce drame : la mission de nos pères n'est pas de juger, mais d'être présents dans les mauvais temps. — Guillemette Odicino