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Le rôle de la moto au cinéma

Les poupées russes, diffusion du mercredi 20 juin 2018 à 22h50

Cinq ans plus tard, l'étudiant de L'Auberge espagnole s'accroche à ses rêves d'écriture et aux filles qui passent. Une ronde avec vivacité, au gré des états d'âme du héros. Une réussite. Critique : | Genre : éducation sentimentale. Quatre ans après le bazar communautaire de L'Auberge espagnole, voici venu le temps du désordre amoureux et des poupées qui se multiplient, à la russe. Un vrai bataillon de jeunes filles autour du même Xavier, éternel ado qu'on voit ici se démener pour ne pas devenir adulte, pour ne jamais perdre sa légèreté, fût-elle coupable. Bon programme. A l'image de son héros, Klapisch semble cultiver le plaisir de rester amateur : sa caméra se balade et improvise au gré de ses humeurs. D'où le côté bordélique et charmant de ce film qui suit Xavier/Romain Duris, qui lui-même suit son coeur, ses pulsions de dragueur et, parfois, cherche simplement un lit pour dormir, chez Martine, chez Isabelle (Cécile de France, cerise sur le gâteau), ou chez la petite Anglaise Wendy (Kelly Reilly, aucune faute de casting, déci­dément)... Mais, si bien entouré, le héros des Poupées russes n'en est que plus solitaire. L'histoire de ce jeune hom­me qui aime les jeunes femmes a une gravité diffuse : au coeur de l'apprentissage sentimental très juvénile qu'il met en scène, Klapisch cache la malédiction du séducteur, le destin de collectionneur d'un don Juan new-look. Et leste sa comédie d'une émotion inattendue. Annonciatrice des questionnements et micmacs d'une maturité inévitable, abordée dans Casse-tête chinois. — Frédéric Strauss