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La maison France 5 : rendez-vous à la capitale !

La fleur du mal, diffusion du dimanche 06 janvier 2019 à 21h00

Retour d'un fils dans sa si chabrolienne famille bordelaise, où belle-maman fait de la politique, papa drague et mamie a un cadavre dans son placard. Un bon petit cru bourgeois où le mal se transmet en héritage. Critique : | Genre : petit cru bourgeois. Tous les signes extérieurs de « chabrolité » clignotent : la chère province française (le Bordelais), la famille bourgeoise et le crime. Avec, en plus, une référence à l'Occupation, période qui a toujours passionné le cinéaste. Les Charpin-Vasseur traînent un héritage gratiné, avec notamment un aïeul grand collabo, ­assassiné en 1945 par sa propre fille, et une solide tradition de ­mariages consanguins. Le cinéaste gorge d'informations ses premières bobines et se délecte ensuite à mettre en scène ce que l'on sait déjà, jusqu'à un dénouement abrupt. La démarche avait fait ses preuves dans Merci pour le chocolat, son précédent film. Elle s'applique ici avec moins de bonheur, tant le mystère et l'ombre font défaut. Reste le sens du grotesque : les Charpin-Vasseur, Atrides cool, prennent leur place dans la galerie de monstres familiers de Chabrol qui regarde les humains sans la moindre illusion, ni nihilisme ­désespéré. Dans sa botanique, la fleur du mal est juste une variété très répandue. — Louis Guichard

La maison France 5 : rendez-vous à la capitale !

La fleur du mal, diffusion du dimanche 22 avril 2018 à 21h00

Retour d'un fils dans sa si chabrolienne famille bordelaise, où belle-maman fait de la politique, papa drague et mamie a un cadavre dans son placard. Un bon petit cru bourgeois où le mal se transmet en héritage. Critique : Un nouveau Chabrol, c'est toujours une bonne nouvelle en soi et une crainte excitante : force combien sur l'échelle du plaisir, cette fois-ci ? C'est particulièrement vrai pour La Fleur du mal, cinquante-troisième film de son auteur, qui fait clignoter tous les signes extérieurs de « chabrolité ». Après un détour vivifiant par la Suisse (Merci pour le chocolat), retour à la chère province française (le Bordelais), à la famille grande-bourgeoise et au crime, avec, en plus, une référence à l'Occupation, période qui a toujours passionné le cinéaste. Même le titre a quelque chose de générique ­ le « mal » ­ comme en leur temps Masques et Au coeur du mensonge. Autre fil rouge de l'oeuvre, la maison tient une place capitale dans ce film, à la fois prison (dorée) et serre ­ La Fleur du mal a failli s'appeler La Fée du logis. On découvre celle des Charpin-Vasseur d'abord emplie de détails, décoration, costume de soubrette, qui évoquent l'après-guerre, avec un cadavre cravaté, la tête en sang, sur le sol d'une chambre. On la revisite modernisée, en faisant connaissance avec ses occupants d'aujourd'hui. Deux circonstances éclairent les liens qui les unissent. Le retour des Etats-Unis d'un fils étudiant, François (Benoît Magimel) ; la campagne électorale de sa belle-mère, Anne (Nathalie Baye), briguant la mairie du bourg voisin. Selon un vilain tract distribué aux alentours, les Charpin-Vasseur traînent un héritage gratiné, un aïeul grand collabo assassiné en 1945 par sa propre fille Micheline (Suzanne Flon), plus une solide tradition d'incestes et de mariages consanguins. « Tout est vrai », confirme Gérard (Bernard Le Coq), pharmacien prospère et mari de sa cousine Anne. De fait, son fils François retrouve vite ses petites habitudes avec sa cousine à lui, Michèle (Mélanie Doutey). « Tout est vrai », et tout est dit. Chabrol se débrouille pour gorger d'informations ses premières bobines, comme pour mieux se consacrer exclusivement, ensuite, à la mise en scène de ce que l'on sait déjà. Pas de progression « policière » à l'ancienne, plutôt une logique psychanalytique, puis un dénouement abrupt : la démarche a fait ses preuves dans Merci pour le chocolat. Mais elle s'applique ici avec moins de bonheur, parce que entièrement explicite et littérale. Comme Merci..., La Fleur du mal est un film sur la répétition d'une situation passée. Or Micheline le dit : « J'ai l'impression de refaire les choses à l'envers », puis : « Le temps n'existe pas. C'est un présent éternel. » Comme souvent chez Chabrol, on se conduit très mal et on sauve les apparences. François le dit : « Tâchons de faire bonne figure. » L'essence chabrolienne, d'habitude informulée, remonte curieusement à la surface des répliques. Que les personnages soient conscients de tous leurs actes et de leurs mobiles, à même de les commenter, voilà une hypothèse intéressante sur le papier, mais dévitalisante en pratique. Si l'on peut rester sceptique devant ce récit livré avec son décryptage, on sera, en revanche, forcément réjoui par l'une ou l'autre de ses parties. Par exemple, le démarchage électoral en HLM d'Anne/Nathalie Baye, candidate huppée mais de proximité, avançant sur des oeufs. Ne pas quitter des yeux non plus son assistant guindé, obséquieux, rongeant son frein, joué par Thomas Chabrol, l'acteur le plus formidable du film, dont chaque rictus, chaque intonation est un régal. Mais il y a aussi l'espèce de transe joyeuse qui s'empare de Micheline/Suzanne Flon au moment supposé le plus dramatique. Et Bernard Le Coq, en savoureux beauf, dragueur de jeunes femmes consentantes mais pas dupes. Il y a, une fois encore, ce sens du grotesque incident, sournois, si chabrolien, qui éclabousse tout le monde. Cet art de révéler de la comédie sociale jusque dans les chambres à coucher. Les Charpin-Vasseur prennent leur place dans la galerie de monstres familiers du cinéaste. Ce sont des Atrides cool, capables du pire mais pas haïssables pour autant. Chabrol est l'un des derniers à regarder ainsi la société des humains sans la moindre illusion, mais sans se situer lui-même plus haut ni virer au nihilisme désespéré. Dans sa botanique, la fleur du mal est juste une variété très répandue - Louis Guichard

La maison France 5 : rendez-vous à la capitale !

La fleur du mal, diffusion du dimanche 30 juillet 2017 à 22h25

La famille Charpin-Vasseur est installée dans la région de Bordeaux depuis trois générations. Ses membres gardent plusieurs secrets. Par exemple, tante Line qui, à la fin de la guerre, a été accusée d'un meurtre avant d'être acquittée, faute de preuves. Anne Charpin-Vasseur, sa nièce, mène tambour battant sa campagne électorale pour conquérir la mairie locale. Pendant ce temps, Michèle, la fille d'Anne, file le parfait amour avec François. Mais un jour, un tract anonyme apparaît dans la ville, révélant des détails sordides sur la famille. Rapidement, tout le monde se met à soupçonner les autres membres du clan, tout particulièrement Gérard, le père de François... -- Critique : Retour d'un fils dans sa si chabrolienne famille bordelaise, où belle-maman fait de la politique, papa drague et mamie a un vieux cadavre du temps de l'Occupation dans son placard. Un bon petit cru bourgeois où le mal se transmet en héritage.

La maison France 5 : rendez-vous à la capitale !

La fleur du mal, diffusion du dimanche 23 juillet 2017 à 21h00