Diffusions passées:

Le rôle de la moto au cinéma

African Queen, diffusion du mercredi 19 septembre 2018 à 13h35

Un marin d'eau douce bourru embarque sur son rafiot une pimbêche corsetée. Abandonnant son obsession de l'échec, Huston fait preuve ici d'un optimisme surprenant, tonique et exaltant. Critique : | Genre : mariage de la carpe et du lapin. On ne raconte plus l’histoire de ce huis clos en rafiot mettant un marlou dipsomane aux prises avec une vieille fille anglaise, sur une rivière d’Afrique infestée de crocodiles, pendant la Première Guerre mondiale. On ne parle pas non plus du tournage éprouvant en décors naturels, qui vit la moitié de l’équipe atteinte de malaria et de dysenterie, et durant lequel John Huston et Humphrey Bogart battirent leur record de consommation d’alcool. Une fois ces données mythiques acquises, le film apparaît surtout comme un document étonnant sur deux acteurs décidés à baisser la garde. Le plus émouvant, dans ces images de navigation chaotique, c’est de voir que ni Bogart ni Hepburn ne font semblant de croire à leur ­improbable histoire d’amour. De cette franchise naît un abandon de soi des plus touchants. Captée dans sa mouvance tourmentée, avec une rigueur documentaire inhabituelle pour l’époque, la nature déploie des trésors de véracité. Elle est sans doute la véritable héroïne de ce film changeant comme une rivière dans lequel, tour à tour, on s’embourbe ou se laisse porter par le courant. Où l’apnée procure les sensations les plus envoûtantes : inoubliables sont les courtes séquences de réparation sous-­marine, où le couple nage dans les herbes aquatiques, comme ­celui de L’Atalante, de Jean Vigo.

Le rôle de la moto au cinéma

African Queen, diffusion du lundi 03 septembre 2018 à 13h30

Un marin d'eau douce bourru embarque sur son rafiot une pimbêche corsetée. Abandonnant son obsession de l'échec, Huston fait preuve ici d'un optimisme surprenant, tonique et exaltant. Critique : | Genre : mariage de la carpe et du lapin. On ne raconte plus l'histoire de ce huis clos en rafiot, mettant un marlou dipsomane aux prises avec une vieille fille anglaise, sur une rivière d'Afrique infestée de crocodiles, pendant la Première Guerre mondiale. On ne parle pas non plus du tournage éprouvant en décors naturels, qui vit la moitié de l'équipe atteinte de malaria et de dysenterie, et durant lequel John Huston et Humphrey Bogart battirent leur record de consommation d'alcool. Une fois ces données mythiques acquises, le film apparaît surtout comme un document étonnant sur deux acteurs décidés à baisser la garde. Le plus émouvant, dans ces images de navigation chaotique, c'est de voir que ni Bogart ni Hepburn ne font semblant de croire à leur improbable histoire d'amour. De cette franchise naît un abandon de soi des plus touchants. Captée dans sa mouvance tourmentée, avec une rigueur documentaire inhabituelle pour l'époque, la nature déploie des trésors de véracité. Elle est sans doute la véritable héroïne de ce film changeant comme une rivière, dans lequel, tour à tour, on s'embourbe ou se laisse porter par le courant. Où l'apnée procure les sensations les plus envoûtantes : inoubliables sont les courtes séquences de réparation sous-marine, où le couple nage dans les herbes aquatiques, comme celui de L'Atalante, de Jean Vigo. — Marine Landrot

Le rôle de la moto au cinéma

African Queen, diffusion du dimanche 02 septembre 2018 à 20h50