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Abyss, diffusion du dimanche 25 novembre 2018 à 20h50

Avant Titanic, Cameron nous entraîne dans un voyage glacial et bleuté d'une hypnotique beauté, grace à des effets spéciaux somptueux. Divine plongée. Critique : Film de James Cameron (The Abyss, USA, 1989). Image : M. Salomon. Musique : Alan Silvestri. 170 mn. VF. Avec Ed Harris : Bud Brigman. Mary Elizabeth Mastrantonio : Lindsey Brigman. Michael Biehn : le lieutenant Coffey. Leon Burmester : Catfish De Vries. Genre : épopée sous-marine. Un sous-marin nucléaire disparaît mystérieusement dans les grands fonds. L'armée américaine dépêche le personnel d'une plate-forme de forage sous-marin et quelques spécialistes de missions top secret pour sauver ce qui peut l'être. En vérité, il s'agit surtout de récupérer une bombe nucléaire. Mais un étrange phénomène se produit... La passion de James Cameron pour l'eau ne date pas de Titanic. Qu'on en juge avec ce voyage sous-marin (son meilleur film à ce jour ?). Une pure merveille de sensibilité et d'intelligence, qui nous entraîne très loin, entre la vie et la mort, dans un ailleurs inconnu. Un monde extrême, où une lumière cristalline louvoie dans les ténèbres, où l'air et l'eau se confondent dans un mouvement de tourbillon spatio-temporel. Tout s'inverse, même les rôles : la femme (Mary Elizabeth Mastrantonio) dirige et défie, tandis que l'homme (Ed Harris) replonge un moment en enfance. Les effets spéciaux, subordonnés à l'histoire (et non l'inverse), donnent forme à de fascinantes silhouettes aqueuses et reptiliennes. La grâce fluide du film tient à son regard éminemment physiologique : James Cameron nous place toujours au coeur de l'action en filmant le corps dans tous ses états. Par son souci du détail, par sa confiance dans la durée, il captive ; par son imagination paradoxale (« Si je me noie, on est sauvés. »), il surprend. La scène de réanimation et du retour in extremis à la vie, tel un accouchement, est inoubliable. Cinéaste du passage transgressif et de la croyance obstinée, Cameron redonne au cinéma d'aventure humaine toutes ses lettres de noblesse.
