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Le rôle de la moto au cinéma

On voulait prendre la mer, diffusion du jeudi 01 mars 2018 à 00h05

En RDA, deux amis deviennent peu à peu ennemis... Un ersatz de La Vie des autres, où Toke Constantin Hebbeln propose une vision cauchemardesque de l’Allemagne de l’Est. Critique : | Genre : autre vie des autres. « La porte sur le monde ». C'est ainsi que deux potes est-allemands surnomment le port, lorsqu'ils arrivent à Rostock, en RDA, en 1982. Leur but : passer à l'Ouest, en se faisant embaucher dans la marine marchande. Mais, en réalité, « la porte » est un cloaque, une salle d'attente à ciel ouvert. Trois ans plus tard, les héros sont toujours bloqués à quai, et ils songent à collaborer avec la Stasi, la police politique, pour favoriser leur embarquement. On suit, en alternance, la trajectoire des deux amis, que le système transforme peu à peu en ennemis. Pendant que l'un croupit dans un pénitencier à Cottbus — pour avoir tenté de s'échapper par une brèche du rideau de fer —, l'autre gravit tranquillement les échelons de la Stasi. Toke Constantin Hebbeln réussit mieux son film de prison que son imitation de La Vie des autres, dont il reprend — avec moins de bonheur — la trame romanesque et les séquences d'espionnage made in RDA. Il propose une vision cauchemardesque de l'Allemagne de l'Est, pays où la Stasi, pieuvre omnisciente, exerce un chantage permanent sur les habitants. Pays où, dans une atmosphère de suspicion généralisée, on améliore son petit confort personnel en balançant les autres. La prison est finalement la métaphore simple et puissante du totalitarisme, et le mitard, celle du plus profond désespoir. — Nicolas Didier