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La maison France 5 : rendez-vous à la capitale !

Barbarella, diffusion du jeudi 22 mars 2018 à 23h25

En l'an 40000, la belle Barbarella est chargée de retrouver un savant disparu… Moins un film qu'une succession de sketchs destinés à mettre en valeur Jane Fonda, la madame Vadim de l'époque. Un nanar de luxe, adaptation très second degré d'une bande dessinée elle-même plutôt ironique. Critique : Film de Roger Vadim (France/Italie, 1968). Scénario : R. Vadim, Vittorio Bonicelli, d’après la bande dessinée de Jean-Claude Forest. 90 mn. VF. Avec Jane Fonda : Barbarella. John Phillip Law : l’Ange. Ugo Tognazzi : le traque-mioches. Anita Pallenberg : la Reine noire. Genre : pop futuriste. Jean-Claude Forest disait avoir créé le personnage de Barbarella en s’inspirant de Brigitte Bardot, mais c’est Jane Fonda, période antérévolutionnaire, qui partageait alors la vie de Roger Vadim, et c’est elle qui endossa les tenues (légères) du « meilleur pilote spatial du XXXXIe siècle »… Produit par Dino De Laurentiis, le film est un objet pop tel qu’on les fabriquait à l’époque, d’une extravagance un peu forcée, comme si chaque séquence – et surtout chaque décor – devait arracher des cris de surprise au spectateur, qu’on cherchait sans doute moins amateur de science-fiction que lecteur du magazine Lui (dont Jane Fonda fit la couv’ au printemps 1969). L’intrigue importe peu : Barbarella est partie à la recherche de Duran Duran, dissident dont la dernière invention peut provoquer une guerre (un concept oublié dans la galaxie !). Avec son délicieux accent (dans la VF), la jeune spationaute paraît pourtant un peu naïve pour cette mission d’une extrême importance… Sur la planète Sogo, elle fera plein de rencontres étranges – et apprendra à refaire l’amour comme au bon vieux temps (et non en absorbant des pilules…). Passé le délicieux strip-tease du générique, le film se perd entre anticipation pour rire et coquineries très sages, et, soit par la faute du scénario, qui juxtapose les péripéties, soit par celle de la mise en scène, qui ne domine jamais le fouillis visuel, on s’ennuie poliment, au cours de cette visite un peu longuette d’un musée du psychédélisme… Le souvenir de Barbarella est plus séduisant que le film lui-même, comme l’a montré CQ, le drôle de film-hommage que Roman Coppola a réalisé en souvenir des élégantes crétineries tournées à la fin des années 60. C’est pour cela qu’on attend sans trop d’illusions le remake que devrait prochainement mettre en chantier Robert Rodriguez, le pote de Tarantino… Aurélien Ferenczi